Autres écritsPoésies
MUSIQUE ! La musique est pour moi porte de l’évasion. Les images en moi dansent leur tourbillon quand j’écoute Mozart, ou Wagner, ou Messiaen. Je revois la nature, lorsque je les entends ! Les yeux fermés, je vois… Là, au-dessous des saules, un cygne immaculé évolue lentement. Dans un claquement d’aile, un grand oiseau s’envole et s’évade bien haut dans le bleu firmament. La terre de là-haut apparaît magnifique : là, plus de prédateurs : tout et calme et serein. Voilà qu’il monte encor, dans un élan magique… La terre, ronde et bleue, lui apparaît bien loin ! Il est des mélodies qui charment doucement, tendres, mélancoliques, nous entraînant au rêve comme feuille d’automne emportée par le vent, tombée sur le ruisseau qui l’entraîne sans trêve... Comme un bébé s’endort dans les bras de sa mère, bercé contre sa joue, oubliant ses tourments, la musique nous fait oublier nos misères, calmant notre douleur par son rythme apaisant. La musique est parfois joyeuse, luxuriante, pleine de cris joyeux et de rires d’enfants, éclairée de lampions, de lueurs rutilantes, nous inondant de joie, de lumière et de chants. Elle est parfois appel, musique lancinante, comme une main tendue par un peuple en danger, une plainte suprême, une demande ardente nous poussant vers autrui et troublant notre paix…. Elle est fleur de printemps, épanouie, sereine, des beaux fruits de l’été nous apportant l’espoir. Elle est parfum d’été, quand les foins sur la plaine embaument l’air tiédi dans le calme du soir. Mais elle peut aussi, âpre, ardente et fière nous emmener très haut sur des monts inconnus, et, nous redevenant soudain plus familière, nous laisser retomber, cœur et esprit rompus ! La musique moderne ? Je ne la comprends pas, car je la trouve aride : falaises et ravins ! Nul animal n’y vit, l’herbe n’y pousse pas, ni l’oreille ni l’œil n’y trouvent leur chemin ! Certains morceaux sont traîtres : on a beau les connaître, on oublie chaque fois où ils vont nous mener. Ça commence tout doux : un nuage, peut-être, flocon blanc comme neige dans un beau ciel d’été; Mais insidieusement se gonfle la musique, au grondement des cors, au tam-tam des tambours. Le nuage est bien noir, et toute l’harmonique me dit que le soleil est parti sans retour. Et lorsque éclate enfin le bruit sec des cymbales et que l’éclair soudain zèbre le ciel noirci, j’ai peur, j’ai froid, j’ai mal, je me sens toute pâle, je me dis que jamais ce ne sera fini... Cependant aussitôt se calme la tempête, la lune, calme et claire, est là-haut dans le ciel. Avec ses voiles d’or, le soir paraît en fête : tout semble différent, tout est pourtant pareil ! Je ris de mes frayeurs, je ris de mes nuages, je me dis que, demain, j’écouterai encore la complainte du vent, le fracas de l’orage, la gloire du soleil dans son flamboiement d’or. La musique est cela… Elle est bien plus encore ! Elle est vie de nos vies, pulsations de nos cœurs; Et, tant que, dans ce monde, elle pourra éclore, elle reste pour l’homme promesse de bonheur. VOIR OU REGARDER Que je suis énervée ! Tant de choses à faire… Je ne pourrai jamais tout caser aujourd’hui. D’un coup de pied rageur, dans le sentier fleuri, Je rejette un caillou qui n’a rien à y faire. Je repasse en mémoire les travaux programmés. Ceci… et puis cela… Et puis cela encore… Quand soudain devant moi, au milieu du sentier, Se balance un rameau de roses juste écloses. Je dois les écarter doucement de la main, Et je suis parfumée par ces douces fragrances. Je m’arrête soudain, et d’un doigt incertain Caresse le velours de la rose qui danse. Je me sens réveillée soudain d’un mauvais rêve. Comment pouvais-je aller sans rien voir devant moi ? Les bourgeons du printemps sont tout gonflés de sève, Et mille fleurs écloses font un tapis de roi. Oublié, mon travail ! je relève la tête, Regarde, émerveillée, tant de fraîche beauté. La nature avait mis son bel habit de fête Et je passais, rageuse et sans rien admirer ! Voir. Voir. Admirer tant et tant de beautés Que nous offre la vie tout au long de nos jours : Le nuage et la fleur, le printemps et l’été, Un sourire d’enfant, un doux geste d’amour. Merci la vie pour tant de richesses offertes, Pardon pour trop souvent vivre en les ignorant. Cette branche de roses fut une découverte, Sa beauté m’a donné un simple cœur d’enfant… Surprise Surprise ! Ce matin un beau coquelicot Sur ma verte pelouse a ouvert sa corolle. Et sur le même pied, boutons à peine éclos, De purpurines fleurs dansent la farandole. Surprise ! L’araignée de la mare aux têtards Entre deux frais rameaux a tissé une toile. La rosée de la nuit, sur cette humble œuvre d’art dans un éclair d’argent accroche mille étoiles ; Surprise ! un merle ce matin lance sous ma fenêtre. Ses trilles mélodieux, dans l’air frais du matin. Il dit l’amour des bois, et des fleurs, et des êtres, L’amour universel pour de beaux lendemains. Surprise ! La Roussette, ma poule vagabonde, Promène fièrement sept beaux poussins tout neufs. Elle caquette, parade, et veut montrer au monde Ce que peuvent donner de simples petits œufs. Surprise ! Tout là-haut, la première hirondelle En circonvolutions dessine le printemps. Dans le ciel frais lavé elle tourne à tire d’aile Et vient nus annoncer le retour du beau temps.. Ô Surprise et bonheur ! J’entends sur le chemin Les pas de mon amour qui arrive en sifflant. Mon cœur tressaille et vibre, et dans le clair matin Il arrive vers moi, radieux, triomphant… Ambiance du soir L’ombre douce et bleutée se glisse sous les feuilles. Le ruisseau continue son gazouillis charmant, Et la bleue libellule, et la fleur qui s’effeuille Semblent de clairs bijoux dans le soir qui descend. Tout est calme et paisible. Le chant que l’eau murmure, Les trilles incertaines d’un oiseau attardé Qui regagne son nid caché dans la ramure, Tout nous parle de paix en ce beau soir de mai. La flûte du crapaud au loin se fait entendre. Le ruisseau aux cailloux raconte sa journée. Son chant se fait plus doux, et son frisson plus tendre, En frôlant dans le noir la barque abandonnée. Oh ! la paix de ces soirs à la beauté sereine ! Entendez-vous le vent qui nous parle d’amour ? Il pénètre nos cœurs et balaie toute peine. Tout est calme et tranquille en cette fin de jour. La paix du soir s’étend sur les blés et les roses, Sur les monts et les eaux, les prés et les labours. L’amour du Créateur inonde toute chose Illuminant nos cœurs d’un amour en retour. Bonheur d’été Jaunes sont les colzas, jaunes les tournesols ; Blés gorgés de midis qui dansent dans la brise ; La Loire paresseuse où le soleil se brise ; Oiseaux ivres d’été, qui prennent leur envol … Soleil, soleil, soleil ! Beau soleil des vacances Ramenant aux pays enfants, petits-enfants… Ta clarté nous invite à courir dans les champs, Parmi les reflets d’or qui sentent bon la France. Courez dans le matin, profitez de l’été ! Je jouis de votre joie et je ris de vos rires. Chacun de vos bisous me supprime une ride, Et vous m’ouvrez les yeux à toutes ces beautés. Oui, beautés de la vie ! Lumières de l’été ! Vous remplissez mon cœur d’éternelle jeunesse. Vous glissez sur ma peau en de chaudes caresses Vous emplissez mon cœur de douce volupté ! Mais qui donc m’aurait dit que la fine dentelle D’un globe-pissenlit s’envolant dans le vent Pouvait être si fine, pouvait être si belle, Dès lors qu’elle accompagne le rire d’un enfant ! Et quand mes deux chéries rejoignent leurs frimousses, Et leur rire, et leur joie, pour ces envols gracieux, Faisant monter d’un coup ces graines jusqu’aux cieux, Je me dis tout à coup que la vie est si douce ! Le soleil est à vous, inondant vos journées. Profitez du ciel bleu et de tant de merveilles ! La nature a pour vous des senteurs sans pareilles. Remplissez votre cœur de toutes ces beautés ! Plus tard, pendant l’hiver, votre cœur nostalgique Se souviendra des joies de cet été radieux De ses lumières d’or éblouissant vos yeux Et des brises d’été vous offrant leurs musiques. Et vous y puiserez une énergie nouvelle. En votre âme apaisée ressurgira la joie De ces jours merveilleux où le soleil est roi ; Et vous reconnaîtrez que la vie est si belle ! Caprices du temps Caprices du temps, et le printemps tarde ! Où se cache-t-il ? Comment l’appeler ? Chacun aimerait pouvoir le trouver, Oublier enfin que l’hiver s’attarde… Pourtant, çà et là, les humbles violettes, .les narcisses d’or Les crocus striés Semblent bien vouloir nous faire oublier Que l’hiver tardif n’en fait qu’à sa tête. Faisons donc comme eux, chantons le printemps ! Bientôt le soleil sera de la fête. Oublions l’hiver, relevons la tête ! Et, dans notre cœur, il fera beau temps… Colombe Si j’étais la colombe, je porterai la paix… Mais comment éviter la balle meurtrière ? Le bruit sourd du canon pourra-t-il s’arrêter Lorsque je volerai par delà les frontières ? La paix une utopie ? Ou bien n’est ce qu’un rêve ? Les peuples ennemis pourront-ils donc un jour Arrêter les conflits, faire un pacte d’amour Permettre à leurs soldats de faire enfin la trêve ? Seulement… pour la paix il faudrait tous s’y mettre. Il faudrait que je m’aime, que j’aime mon prochain, Que je fasse un effort sans attendre à demain Que je mette mon cœur et mes fleurs aux fenêtres. C’est l’œuvre de chacun, car chacun est colombe Nous avons en nos cœurs le rameau d’olivier : Il faut faire la paix entre les voisins brouillés Avant que de pleurer un jour près d’une tombe. Toiles dans la rosée Dans nos aubes ouatées que la rosée emperle Les muses du matin, industrieuses fées, A quelque rameau souple accrochant leurs dentelles Cherchent à capturer les diamants de l’été. Lorsque la brume encor s’étire et s’évapore Leurs fines créations restent insoupçonnées. Mais lorsque le soleil, appelé par l’aurore Dans un ciel frais lavé commence à rayonner, Lorsque les blancs flocons de la brume estivale Dans l’air encore frais se dissolvent enfin, Quand se révèle alors la beauté matinale De ce monde tout neuf où s’ouvrent nos chemins, On peut apercevoir ces pièges de lumières, Ces filets à diamants, ces dentelles perlées. Et nulle fée au monde n’arriverait à faire Un ouvrage égalant ces splendeurs étalées. Le soleil matinal, le fier soleil vainqueur Qui s’élance joyeux pour parcourir le ciel Paraît s’émerveiller d’un talent sans pareil Œuvre d’art suspendue entre branches et fleurs… Et la toile emperlée de lumière vibrante, Fragile création qui tremble dans le vent, Où brillent mille feux de lumière dansante Brûlée par le soleil, disparaît lentement…. DIALOGUE AVEC UNE ROSE - Ô rose ! Que tu es belle ! Dans le jardin en fleurs, Tu es certes la plus belle et la plus parfumée. Tu as été créée pour aimer, être aimée, Accompagner nos rires et apaiser nos pleurs. Mais n’est-il pas cruel, le grand Dieu qui t’as faite, De vouloir qu’au soleil tu t’effeuilles ce soir ? Vois ! la chaleur déjà te fais courber la tête. De vivre encore un jour n’as-tu donc pas espoir ? - Mais non ! Je suis ainsi. Et je donne à la fois Ma beauté, mon parfum aux subtiles fragrances. Je m’offre au papillon, à la brise, à la joie. Ma vie doit être courte ? Elle en est plus intense. Je crois bien que chacun, ici bas sur la terre, A reçu en naissant tout ce qu’il doit donner. Donner et recevoir, aimer et pardonner. Le destin de chacun demeure en grand mystère. Mais, la tâche achevée, qu’importe alors le temps ? Il est bon de partir, sans regret et sans larmes. Nous avons tout donné et nous rendons les armes. Nous partons au Jardin des Eternels Printemps. Ceux qui passent ici sans oser vraiment vivre, Sans avoir jamais su s’épanouir vraiment, Sans souffrir, sans aimer jusqu’à en être ivres Oui, ceux-là sont à plaindre : oui, je les plains vraiment. Pour moi, le peu de temps que je passe sur terre, Je le passe à combler l’attente du passant. Et je vous offre à tous ma beauté éphémère, Et je vous offre à tous mon parfum enivrant. Alors, quand vient le soir et l’heure de partir Je laisse sans regret choir un dernier pétale. Ce fut bref ? Ce fut court ? Non. Dans la nuit d’opale Je sais que pour renaître il faut d’abord finir… La Bretagne au ciel clair La Bretagne au ciel clair, la Bretagne au ciel gris. La Bretagne aux rochers, aux ajoncs, aux bruyères. Ses côtes découpées où danse une onde claire. L’océan et ses vagues et ses grands oiseaux gris. Mais surtout l’on peut voir, en grande luxuriance, Les hortensias fleuris, splendides, colorés : Blanc nacré, rouge vif, roses ou saumonés En haies ou en massifs que la brise balance. Par-dessus les murets de granit gris ou rose Ils semblent nous jeter un regard curieux. Sous les ciels clairs ou gris, ils sont en camaïeu, Présentant aux passants des fleurs à peine écloses. Où bien l'on aperçoit, près des clôtures blanches, De beaux massifs de fleurs et de feuillages drus : Ils nous disent bonjour, et que rien n’est perdu Même alors que la pluie fait plier chaque branche. Sous le ciel clair et frais de la douce Bretagne, Comme ils sont généreux ! Pourtant si différents Des fleurs de mon pays, mon Béarn éclatant Avec son ciel si bleu et ses vertes montagnes. Fleurs hortensias partout ! Sur chaque bord de route, Couronnant les fossés, illuminant les cours, Décorant les jardins, fleurissant mon parcours : Touriste émerveillée, je les admire toutes. Elles sont si jolies ! Et leurs douces couleurs S’harmonisent si bien avec tous ces paysages… Elles semblent ainsi, débonnaires et sages, Nous offrir la beauté, le charme et la douceur. Hortensias ! Hortensias ! Ô fleurs de mes vacances ! Vous resterez pour moi un souvenir si doux… Car, sous le clair soleil ou le ciel en courroux, Vous m’avez apporté la joie et l’espérance. Le retour des coquelicots Un feuillage léger frissonne dans le vent. Eclaboussant les prés de leurs gouttes de sang Les fiers coquelicots se balancent, s’agitent, S’inclinent poliment devant les marguerites, Et poursuivent entre eux des dialogues sans fin, Par les champs, par les prés, sur le bord des chemins. Leurs corolles de soie, si belles, si fragiles, Semblent danser au vent sur les tiges graciles. Ila avaient disparu de nos prés et nos champs, Traqués par les paysans à coup de désherbant. Mais voici qu’à nouveau comme un rire joyeux Nous retrouvons enfin leurs calices soyeux, Leur cœur d’or, leur beauté, parmi les herbes folles. Au long des autoroutes on voit leur farandole, Ils mettent des bijoux sur les moindres talus, Se balançant gaiement sur leurs tiges velues. Boutons de soie fripée ou corolles ouvertes, Vous charmez nos regards. Votre beauté offerte Se donne sans compter tout aux long des chemins, Grimpant sur les talus, couronnant les ravins. Merci, oh douce fleur de notre douce France Qui rallume en nos cœurs nos souvenirs d’enfance ! Offrez-nous vos beautés, étalez vos splendeurs, Réjouissez, enfin, et nos yeux et nos cœurs ! Les ciels Est-ce que, de temps en temps, nous regardons le ciel ? Le ciel opalescent, de nacre ou d’émeraude, Le ciel ou se promène un nuage en maraude, Le ciel vaste demeure ou trône le soleil ? Par les matins d’étés, il est si translucide, Tout de blanc et de rose, si tendrement léger, Que l’on croit voir au loin les anges voleter Et passer doucement, silencieux et languides. Et puis quand vient le soir, vêtu de pourpre et d’or, Alors que le soleil, avant de disparaître Allume un incendie lorsque la nuit va naître Le ciel semble vouloir s’illuminer encor. Parfois, lorsque l’orage au loin menace et gronde, De lourds nuages gris habillent un ciel lourd. La pluie redonne vie aux prés et aux labours. On entend de nouveau la gaie chanson des ondes< ; Sur les blés de juillet, comme un lac en fusion, Le ciel étend sur nous un dais de transparence Où rien ne vient troubler sa profondeur intense, De l’un à l’autre bout de l’immense horizon ; Mais allez dans les bois ! A travers les ramures Vous verrez le ciel bleu et les nuages flous Que bercent doucement un souffle calme et doux Vous percevrez alors leur chant ou leur murmure. Et, quand la nuit enfin descend sur l’horizon Et semble sur la terre effacer toute chose, Vous percevrez encor, sur vos paupières closes, La douceur de la lune, de Vénus ou d’Orion… L'ours L’ours, roi des forêts et des vertes montagnes, Majestueux et lourd, imposant et pataud, Le voici maintenant parcourant la campagne, Un anneau dans le nez, amusant les badauds… Il ne connaîtra plus la forêt séculaire, La myrtille odorante et le champignon roux, le saumon frétillant bondissant dans l’eau claire, le soleil, la rosée, les étés, le vent fou. Dressé, maté, dompté, mené par une chaîne, Oublieux d’autrefois et des splendeurs passées, Dansant sous le bâton du dresseur qui le mène Il martèle le sol de son pas cadencé. L’homme l’a asservi. Oublieux de sa race, Ignorant de sa force, ridicule et pataud, Il danse maintenant sur les rues et les places Sous les cris des enfants, les rires des badauds. Pourtant on voit parfois dans sa prunelle sombre Passer une lueur… un appel… comme un cri… Il revoit vaguement le sapin et la combe D’où on l’a arraché, lorsqu’il était petit. Alors, humant dans l’air les senteurs printanières, les parfums oubliés, les aromes lointains, Recherchant dans le vent les odeurs familières, Il fixe au loin les monts verdoyants et hautains… Si tu racontais… Si tu me racontais, mon beau papillon, La beauté de la fleur, la douceur de la rose, Le parfum enivrant de la lavande éclose, L’émouvante fraîcheur du lilas en boutons ? Si tu me racontais, ma belle hirondelle, Le doux recoin de toit où tu as fait ton nid, Le nuage éthéré qui, au ciel, s’arrondit, Cet azur où tu montes, volant à tire-d’aile ? Coccinelle jolie, si tu me racontais La tige de la fleur qui se ploie et balance, L’herbe de la prairie qui dans la brise danse, Et la douceur de l’air par un beau soir d’été ? Abeille diligente, si tu me racontais Le champ de fleurs dansant dans la fraîcheur du soir, Le pollen odorant, récolte de l’espoir, Richesse d’un calice où tu t’es enivrée ? Industrieuse fourmi, si tu me racontais Ta forêt de brins d’herbe et le vert des prairies - rouges coquelicots, marguerites jolies… - tous les sentiers cachés que tu as empruntés ? Si tu me racontais, douce chauve-souris Tes circonvolutions dans le soir de l’été, Lorsque la lune t’offre ses reflets argentés Que l’étoile s’allume dans le jour qui pâlit ? Si tu me racontais, toi bel enfant rieur La douceur de deux bras qui accueillent tes peines, Le sourire enjôleur de tes parents qui t’aiment, Ta vie faite de joie, de rires, de douceur ? Oh oui ! racontez-moi le bonheur ! Soudain, un rire… Je suis triste, seule. Je suis désemparée. Mon temps semble traîner dans sa monotonie. Brouillard et lassitude envahissent ma vie. Je ne ressens qu’oubli en mon âme éplorée. Soudain sous ma fenêtre éclate un rire heureux. Des enfants jouent, leur joie éclabousse le monde. Elle monte jusqu’à moi dans le chant de leur ronde, Elle monte jusqu’au ciel avec leurs cris joyeux. Oubliée, ma langueur, oubliée, ma tristesse ! Oh ! l’immense pouvoir d’un seul rire d’enfant ! Qu’y a-t-il, par le monde, de plus beau, de plus grand Qu’une joie enfantine en trilles d’allégresse ! Elle nous emporte loin, elle nous emporte haut Et pourtant nous ramène au profond de nous-même. Elle nous dit que la Vie mérite fort qu’on l’aime, Cette vie est partout, et notre monde est beau. Ah !<comme je voudrais que partout dans le monde Les enfants jouent ainsi, insouciants et joyeux. Imaginez un peu quel bonheur à la ronde Si chaque enfant avait du bonheur plein les yeux. Un jour, un jour viendra, où les hommes plus sages Supprimeront la faim, la guerre, les horreurs. Un jour où nous saurons entendre le message De la colombe blanche porteuse de bonheur. Mais ce jour se mérite, ce jour est pour demain. C’est à chacun de nous de répandre la paix. Nos cœurs doivent apprendre à comprendre, à aimer. Pour former notre ronde, donnons-nous tous la main… TRAINS… Il lève son drapeau, siffle, l’air décidé. Le train, monstre d’acier docile et débonnaire, S’ébranle et part au loin dans un bruit de tonnerre. L’homme, comme toujours, demeure sur le quai… Partir… Partir aussi… Faire de longs voyages… Il rêve un peu, si peu ! Déjà est annoncé Un autre train hurlant qui, dans un bruit d’orage, Stoppera devant lui et son drapeau levé. Vers Rome ou Stalingrad… Vers Londres ou Paris… Le voyageurs pressés se croisent, se bousculent. L’homme ressent parfois au cœur une félure, Un vague sentiment, une pointe d’envie. Il aimerait pourtant, lui aussi, quelquefois, Avec femme et enfants partir autour du monde. Il voudrait, lui aussi, accéder à la ronde De tous ces gens heureux empruntant ses convois. Il rêve lui aussi de départs, de vacances, Ciels bleus et mers d’azur, rires et amitiés. Mais ce n’est pas pour eux. Il en rêve en silence, Sans dévoiler chez lui d’aussi folles pensées. Hélas ! Voilà longtemps que sa femme immobile De son lit de douleur ne peut plus se lever. Et quand il rentrera, le visage tranquille, Il dira : « j’ai passé une bonne journée ! Les gens étaient sympa, et aucune anicroche. Les trains étaient à l’heure, pas de souci majeur. D’autre part, chaque jour la retraite s’approche… Et toi, mon cher amour, qu’as-tu donc fait, mon cœur ? » Ainsi coule la vie, jour à jour, heure à heure, Entre rêve et désirs toujours inassouvis. Les trains peuvent partir : il veut sa femme heureuse, Et cet amour suffit à sublimer sa vie. Comme il beau, ce don d’une vie goutte à goutte, Don scandé par les roues des trains tonitruants Qui, aveugles et sourds, vont poursuivant leur route, Accrochant tous les rêves pour les semer au vent…
Ambassadrice de la Paix
ContactOloron Ste-Marie dans le Béarn (64)... ma ville
Accueil Qui suis-je ? Diaporamas
Bien-être Bien-être autres Bien-être herboristerie Bien-être produits naturels Bien-être remèdes de grands mère Chansons Chansons de A à LA Chansons de LE à Z Divers Art Aurélie Autres Cuisine Documents Handicap Paix Pensées et proverbes Société Du coeur Enfants Animaux Comptines et poésies Contes Contes traditionnels Contes de tous les pays Contes I Contes II Mes toutes petites Chansons Divers Que veux-tu savoir ? Ecologie et nature Fêtes Jeux et questions réponses Religion Géographie Ailleurs Coup de coeur Images de France Itinéraires Images ordinaires d'un pays extraordinaire Les voyages de... Les voyages de Marie-Jo Les voyages de Jeannine Les voyages de Mr Tanguay Mon Béarn 365 jours pour la terre En zigzagant... Villes et villages de France Humour Nature Faune Flore Terre et Ecologie Petites fictions Poésies
Poésies de A à J Poésies de L à M Poésies de N à Z Religieux
Chants Commentaires bibliques
Commentaires Bibliques de A à LE Commentaires bibliques de LES à Z Divers de A à K Divers de L à Z Fêtes religieuses Lieux Saints Noël et Jour de l'an Prières Vierge Mes histoires Saints Les tous derniers diaporamas de Jacky Villes et villages de France Textes Autres écrits Poésie Textes de l'Avent Textes de l'Avent 2009 Textes de l'Avent 2010 à lire ou à écouter Textes et audios 2011 de l'Avent Textes du dimanche à lire et écouter Textes audios Textes du dimanches écrits Textes religieux divers audio et écrit Textes divers sujets Textes de Carême
Textes de Carême 2012 Textes de Carême 2011 Audios
Tous les enregistrements audios Enregistrements divers auteurs lus par Jacky Pour mieux me connaître Textes de Jacky lus par l'auteur Pédagogie Pédagogie, pour qui ? Pédagogie pour cathéchistes Pédagogie pour enseignants Textes audios pour enfants Stats Photos
Amis Bernadette Gossein Françoise Mastin Leo Beaulieu Hélène Porcher Liens Prénoms
A à F G à L M à Z